En République démocratique du Congo, la ville de Bukavu reçoit de plus en plus de déplacés qui ont fui les combats au Nord-Kivu et dans les villages des territoires de Kalehe et de Kabare. Leur nombre exact n’est pas connu jusque-là mais nombreux affirment n’avoir aucune assistance humanitaire. William Basimike a rencontré trois familles accueillies dans l’une des salles de la commune d’Ibanda, à Bukavu.
Mère de cinq enfants, Maska Launi a fui son village de Kalungu dans le territoire de Kalehe. Assise sur une natte, elle n’a rien mangé depuis le matin, mais son bébé veut téter : « J’ai paniqué après des détonations de bombes et je n’ai plus de lait maternel dans mon sein, le bébé n’a rien à téter. C’est vrai je vis difficilement mais, je me réjouis malgré tout, car la commune d’Ibanda nous a donné un peu de nourriture. Même si cela ne suffit pas, elle a été généreuse pour moi et mes enfants. »
Il n’y a jusque-là aucun camp de déplacés à Bukavu. Ceux qui viennent sont accueillis dans des familles, d’autres cherchent refuge auprès des autorités locales. Mère de deux enfants, Tatu Mwajuma vient de Minova, elle n’a aucune nouvelle de son mari : « Chacun avait pris sa direction, je n’ai pas de téléphone pour le localiser. S’il m’écoute, qu’il sache que je suis à Bukavu. Ici, les personnes de bonne volonté peuvent nous apporter à manger, des habits, surtout pour nos enfants qui n’ont pas de vêtements, rien ! »
Le pasteur Albert Migabo Nyagaza est l’un des chefs des quartiers de Bukavu. Il lance une alerte face à la situation difficile que traversent les déplacés du Nord et du Sud-Kivu : « Au nom de la solidarité africaine, autant que nous le pouvons, soutenons, assistons maternellement, psychologiquement nos frères et sœurs en situation difficile. C’est dans la solidarité qu’on gagne »
Autre défi pour les chefs des quartiers de Bukavu : l’identification de tous les nouveaux venus dans la capitale provinciale du Sud-Kivu.
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